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La Maison des Impressions 5 rue de Saintonge 75003 Paris

Combien dépenseriez-vous pour un livre ou un vinyle sur lequel le nom de l’auteur a été écorché par l’imprimeur ? Si nos ratés d’impression maison finissent souvent dans la corbeille à papier, certaines bévues du genre rapportent parfois des centaines, des milliers, voire des millions d’euros ! Retour sur six erreurs qui ont marqué l’histoire de l’imprimerie, et celle des porte-monnaie de collectionneurs.

À travers le processus d’impression, on appose une marque, on laisse une empreinte, bien souvent indélébile. Aussi, l’objectif est d’obtenir le rendu le plus parfait possible. Pourtant cela n’empêche pas certains loupés… aux destins surprenants ! Vous connaissez sûrement le personnage de Hulk, cet effrayant titan vert signé Marvel. Mais saviez-vous que lorsque Stan Lee et Jack Kirby l’ont imaginé, il n’avait pas du tout la même allure ? Et pour cause, l’alter ego du professeur Bruce Banner était à l’origine gris. Seul hic, le papier utilisé à l’époque pour la bande dessinée ne parvient pas à lui rendre justice avec cette teinte. Tantôt gris clair, tantôt gris foncé, tantôt verdâtre, le personnage est difficile à identifier et la production prend la décision de changer la nuance de son héros, qui devient vert – et s’imprime ainsi dans les esprits à tout jamais.

L’impression n’est pas simplement la dernière étape de la création, elle fait partie intégrante du processus. Une erreur, une modification, un bug technique même minime… et le destin de l’objet bascule. Et parfois son prix ! En la matière, les exemples pleuvent, tant dans l’univers de la musique que dans celui de la littérature ou des jeux, comme les célèbres figurines LEGO. Si vous cherchez par exemple une figurine Star Wars de Chewbacca, il y a de grandes chances que vous en trouviez sans peine entre 15 et 30 euros sur des sites internet tels que celui de la Fnac, Disney ou Amazon. Sur eBay, il arrive pourtant que les zéros s’alignent derrière ces montants pour le même genre de bibelot. En cause ? Un visage mal apposé, trop bas ou à l’arrière du personnage, ou carrément absent de la figurine, selon les versions. Le 20 mai 2025, à 18 h 36, un exemplaire du set 8038 de la bataille d’Endor était ainsi vendu pour la modique somme de 350 livres sterling (environ 400 euros).

De 350 livres à plus d’un million de dollars

Dans la liste des choses étonnantes qui font grimper les prix, on trouve aussi les fautes d’orthographe. En décembre 2024, un disque vinyle des Beatles était mis aux enchères avec un prix de réserve (c’est-à-dire minimum) de 7 000 livres (8 000 euros). On sait bien qu’en fonction des années de pressage, du nombre de tirages, de la condition du produit, etc., les prix varient. En l’occurrence, le disque avait été édité à 250 exemplaires et avait la spécificité d’avoir vu le jour dans les tout débuts du groupe. Mais ce n’est pas ce qui a permis à la maison Stacey’s Auctioneers de lancer la vente de cette édition de 1962 à un tel tarif. Tout repose sur une double bourde typographique : une lettre oubliée et une majuscule placée au mauvais endroit. Paul McCartney était devenu Paul McArtney.

Peut-être seuls les collectionneurs sont-ils en mesure de comprendre comment une gaffe peut se transformer ainsi en légende… Toujours est-il que, dans l’histoire des bévues d’impression, nombreux sont ceux qui se sont ruinés pour détenir des spécimens que d’aucuns auraient liquidés pour non-conformité. C’est d’ailleurs à la poubelle qu’allait atterrir un livre dont le propriétaire venait de décéder à Brixham, en Angleterre. Il s’agissait d’une édition de Harry Potter à l’école des sorciers de 1997 – Harry Potter and the philosopher’s stone en version originale. Alors qu’on triait les affaires du défunt, on se rendit compte que cet exemplaire avait une particularité – apparemment anecdotique : il manquait un « o » au mot « philosopher’s ». Ce qu’en a tiré la maison de vente aux enchères NLB Auctions ? 25 000 euros ! Montant qui reste largement inférieur aux 80 000 euros récoltés en 2019 grâce à une autre publication (dédicacée tout de même) signée « Joanne Rowling » au lieu de « J. K. Rowling »…

L’exemple le plus cher que nous ayons recensé est celui d’une BD de DC Comics portant en couverture l’intitulé New Teen Titans #6. À l’intérieur, c’est la surprise de découvrir une tout autre histoire qui attend le lecteur, celle de Marvel Two-in-One #74 datant de la même année, 1981. La confusion s’explique par le fait que l’imprimerie – Ronald’s Painting au Canada[LS1]  – qui avait été mandatée pour ce tirage travaillait pour les deux maisons d’édition. Une faute d’inattention et voici que les deux bandes dessinées se sont retrouvées mixées dans un même album. Sur eBay, l’exemplaire (d’après la Certified Guaranty Company, il en existerait trois avec cet impair de façonnage) atteint des sommets : 1,2 million de dollars !

Bien souvent, donc, les erreurs d’impression valent de l’or. Mais attention tout de même à ne pas verser dans le mauvais goût. Et cela peut arriver plus vite qu’on ne le croit : en novembre 2024, l’entreprise Mattel imprime sur les packagings de ses nouvelles poupées Wicked des QR Codes censés renvoyer vers la comédie musicale. Loupé ! En scannant le carré, on atterrit sur un site pornographique … Pas très tendance à une époque où l’on s’inquiète de voir les enfants consommer du porno avant l’âge de 10 ans. Une erreur qui, pour le coup, n’a enrichi personne.


 [LS1]Je n’ai pas pu vérifier (j’ai retrouvé une « imprimerie Ronalds » au Canada : L’imprimerie Ronalds – Mémoire du Mile End, mais est-ce celle-ci ?).